Baptiste « Une école comme le monde »

Bonjour à tous ! Amis fans de pédagogie, d’écoles où il fait bon vivre, ou curieux des internets !

Ca y est. C’est parti. Je commence mon voyage. Ce projet que j’ai porté pendant des mois. Cette envie d’aller à la rencontre de, d’aller voir des gens, discuter, effleurer du bout des doigts, le temps d’une semaine, de quelques instants, d’autres réalités de ce métier super humain mais dont j’ai le sentiment que tout le monde parle de la mauvaise manière.

Le point de départ de tout ça c’est Baptiste. C’est donc par là que je commence, avec la visite de sa classe maternelle, en école publique de la banlieue parisienne sud.

Baptiste, je le connais depuis quelques années. Quand je travaillais comme institutrice de CE1, on m’avait déjà parlé de sa manière d’enseigner. A l’époque, une maitre-formatrice, qui suivait ma classe de jeune débutante, m’avait conseillé d’aller le voir en me disant qu’on s’entendrait bien et qu’on avait des pratiques en commun. J’y suis allée et je ne l’ai pas regretté ! J’ai suivi son travail ces trois dernières années de manière ponctuelle, en allant observer sa classe une journée par ci par là. J’ai pu voir l’évolution de ses élèves, qu’il a gardé trois ans, et on a toujours beaucoup discuté de notre vision de la pédagogie et du rôle de l’enseignant.

C’était important pour moi de commencer ma série de portraits sonores avec lui parce que ça a été une rencontre déterminante dans mon parcours d’institutrice.

Je me revois, après la première visite dans sa classe il y a quelques années, sortant de là presque émue. Emue et enthousiaste: enfin je rencontrais quelqu’un avec les mêmes envies que les miennes, avec le même regard sur les élèves. Je crois que je me suis sentie soulagée, de me dire que ça existait. Des chouettes instits qui y croient, qui ont des parcours pas forcément dans les clous, pas forcément comme il faut et qui ont envie d’apporter autres choses aux enfants que l’école classique, qu’on ne remet jamais en question . Tout mon voyage a peut-être commencé là, il y a quelques années, première année en tant qu’instit, pas sûre de moi mais sûre de ce que je ne voulais pas.

Dans la classe de Baptiste .

Baptiste a une classe multi-âge de la petite à la grande section. Il garde ses élèves d’une année sur l’autre. Très influencé par le travail de Maria Montessori, il fonctionne en ateliers individuels. Sa classe est organisée selon plusieurs pôles, propre à une classe Montessori : langage, mathématiques, vie pratique, sensorielle, coin pour la peinture et une ellipse au sol pour que les enfants se rassemblent. Chaque atelier est à hauteur et à disposition des enfants qui peuvent le refaire autant qu’ils le souhaitent.  Dans la journée, Baptiste propose aussi des temps de regroupement pendant lesquels les enfants font de la musique, des chants, des jeux de langage ou racontent ce qu’ils ont fait lors de leurs dernières vacances par exemple. Comme référence il évoque souvent le travail de Céline Alvarez dont il a suivi les conférences.

La classe de Baptiste

Ce qui est assez frappant quand on le rencontre, c’est sa grande douceur avec les enfants. Et aussi sa liberté. Dans sa classe chacun va à son rythme et il ne force jamais un enfant à faire une activité qu’il ne veut pas faire. J’envie son lâcher-prise.

Il me parle de son parcours, de sa formation de base en mosaïque et peinture monumentale, de son séjour de quatre ans au Canada où il a pu voir des écoles différentes et une autre manière d’envisager la pédagogie, et puis de son envie de se lancer en tant qu’instituteur en France, pour être utile et avoir un aspect « concret » dans son métier. Il évoque sa famille comme un aspect essentiel de son travail : sa posture enseignante il l’a muri au côté de sa femme Nelly, également institutrice pendant un temps, et en ayant ses deux enfants.  Être père ça l’a aussi aidé à repenser le métier d’enseignant, les attentes qu’on peut avoir. Aujourd’hui il pense que l’école publique est sclérosée et qu’elle manque malheureusement d’ouverture. Baptiste ne sait pas où il sera demain mais il rêve en famille à une école citoyenne, ouverte au lien inter-générationnel, aux artistes, sur le monde extérieur, où les enfants échangent et inventent dans d’autres espaces que celui d’une école fermée.

Avec Baptiste je sais qu’on continuera à se suivre, dans nos parcours respectifs, parce que pour moi ce sera toujours important professionnellement de savoir où il en est. En attendant, je poursuis mon voyage et j’emporte avec moi son doux sourire et son calme lorsqu’il s’agenouille auprès d’un élève, sa vision du monde derrière ses petites lunettes, son indignation et ses rêves d’égalité.

Un extrait de notre entretien:

Cet extrait vous a plu ? Attendez la suite ! A la fin de mon voyage, les entretiens seront disponibles en intégralité. Vous êtes diffuseur et mon projet vous intéresse ? Je vous invite à me contacter. N’hésitez pas à partager autour de vous !

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