Lois « Rêver à une école plus ouverte »

Bonjour à tous ! Amis fans de pédagogie, d’écoles où il fait bon vivre, ou curieux des internets !

Pour la cinquième étape de mon voyage, je prends le train direction le sud, Montpellier et plus précisément le quartier de Celleneuve, dans une école publique classée REP+.

Je pars à la rencontre de Lois, directeur d’une petite école sur une place qui ressemble à une place de village. Il est également instituteur d’une classe triple niveau petit-moyen-grand.

L’école de Lois

La classe de Lois

Lois m’accueille à bras ouvert dans sa classe alors que j’arrive au mauvais moment. Je le sens presque immédiatement. J’arrive mais ce n’est pas la bonne semaine. De gros soucis personnels, un remaniement de classes et l’ouverture de l’école en face qui remplit l’atmosphère d’angoisses latentes … Lois est débordé et pourtant il prend le temps. Le temps de s’arrêter un peu, de m’écouter lui raconter mon voyage et lui de me raconter le sien, son parcours, sa passion des enfants et de la pédagogie.

Quand j’arrive le premier jour, il entame une séance de motricité avec ces élèves autour de danses et chants de la région Occitanie. Plongée dans le bain dès le départ !

Joan Petit qui danse en occitan

Dans la classe de Loïs, une grande place est laissée au ressenti de chacun et à la parole. A la fin de chaque journée, les enfants utilisent leur main pour faire la météo du jour : si ils ont passé une bonne journée ils font un soleil avec leur main en l’ouvrant, les doigts bien écartés, si ils ont passé une journée mitigée ils ferment le poing en signe de nuage et si la journée n’était pas bonne il ouvrent la main, les doigts vers le bas. Loïs interroge alors les volontaires pour qu’ils expriment plus en détail leur ressenti sur la journée. Un autre rituel qui m’a marqué est celui de la phrase du jour, qu’on retrouve en plus développé chez les plus grands en classe Freinet. Ensemble, ils essayent de construire une phrase sur un événement marquant de la journée. Ils acquièrent grâce à cela des bases de construction grammaticale, qu’ils reprendront plus tard à l’école primaire. La phrase du jour est accrochée chaque jour à la porte de la classe à destination des parents.

Là encore, je trouve une équipe qui a à cœur de travailler ensemble : Est ce que c’est le secret d’une école qui marche ? à la fin de la semaine, tous les collègues de l’école ont une journée de travail balisée et ils se retrouvent pour explorer ensemble des projets pédagogiques, construire une pédagogie commune. Certains réfléchissent à des mallettes de sciences en commun, d’autres à un classeur d’accueil pour les professeurs qui viennent remplacer en cas d’absence un des professeurs permanents.

Depuis l’arrivée de Loïs, l’école s’est beaucoup ouverte sur l’extérieur, sur la vie du quartier qui n’avait pas vraiment de lien avec les directeurs d’avant. Les parents s’impliquent beaucoup dans la vie de l’école. Le dernier jour de mon observation, le vendredi, a lieu un petit déjeuner des parents. Une maman a fait des brioches à la fleur d’oranger, une autre un cake au chocolat. Tout le monde partage thé et café dans la cours de l’école en profitant du soleil. Une maman vient me voir pour discuter. Elle m’explique que c’est important de créer un lien de confiance avec l’école, que les gens du quartier sont contents que l’école soit ouverte sur l’extérieur. Face à la crainte que suscite l’ouverture de la nouvelle école en face à la rentrée 2019, il faut rester soudé. Depuis le matin, des parents volontaires cuisinent de la soupe pour toute l’école en prévision de la fête des histoires qui a lieue le soir.  Pendant cet événement, les classes sont ouvertes aux parents qui viennent à l’école lire des livres avec leurs enfants. Dans certaines parties de l’école, des conteuses racontent  des histoires fabuleuses. La soirée se termine par une projection de court-métrages animés sous les étoiles de la cour de récréation.

Lorsque je demande à Loïs à quoi il rêve  comme école pour demain, il me parle d’une école plus ouverte sur les autres, sur l’extérieur. A-t-il seulement conscience que son travail fait déjà tomber les portails ?

En partant j’emporte avec moi cette envie, une envie de murs qui tombent et de gens qui se parlent, de quartier qui se centre autour de la petite école de la place ensoleillée, j’emporte les contes qui envahissent la nuit d’une soirée de février, les enfants qui lisent des histoires d’ours blanc et d’hiver lointain blottis contre leurs parents, j’emporte la liberté de pouvoir exprimer ses craintes et le soutien des collègues entre eux. J’emporte enfin l’énergie de Lois, une énergie solaire, qui fera tomber bien des murs, malgré la difficulté de la vie, parfois.

2 Comments

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s